La France condamne la livraison de drones iraniens à la Russie

La France a condamné, ce jeudi, la poursuite de la répression en Iran ainsi que la livraison de drones par Téhéran à la Russie.

Par voie de communiqué, le Quai d'Orsay a, tout d'abord, condamné l'attentat terroriste perpétré par Daech dans la ville iranienne de Chiraz, ce mercredi.

Pour rappel, au moins 15 personnes ont été tuées et 19 autres, blessés, dans l'attentat ayant visé le principal sanctuaire musulman chiite du sud de l'Iran, pendant la prière du soir.

Le ministère français des Affaires étrangères a présenté ses condoléances aux familles des personnes décédées et exprime sa solidarité aux blessés.

Le Quai d'Orsay, a, ensuite, condamné "la poursuite de la répression" en Iran, déplorant que "l’Iran poursuit sa logique de répression violente et de violations des droits et libertés fondamentales, notamment dans la ville de Saqqez hier [mercredi 26 octobre, NDLR] lors des rassemblements et des commémorations des 40 jours de la mort de Mahsa Amini".

La Diplomatie française a également condamné "les sanctions prises contre des médias libres, dont Radio France internationale (RFI) en langue persane".

Le Quai d'Orsay a ensuite indiqué que la France continue "de travailler avec nos partenaires européens, y compris pour examiner de nouvelles sanctions ciblées visant les responsables des autorités iraniennes auteurs de la répression et des violences à l’encontre de la population iranienne".

Le 16 septembre, des manifestations ont éclaté dans tout l'Iran après la mort d'Amini (22 ans), trois jours après son arrestation par la "police morale", qui surveille le code vestimentaire des femmes.

L'incident a déclenché une colère populaire généralisée dans les cercles politiques et médiatiques en Iran, dans un contexte de récits contradictoires sur les causes de la mort.

Livraisons de drones à la Russie

En réponse à la question d'un journaliste, la Diplomatie française a souligné que "la France, aux côtés de l’Ukraine et avec ses partenaires européens, condamne les transferts de drones iraniens aux forces armées russes".

Elle a également déclaré ce ceux-ci "représentent un appui à la guerre d’agression lancée par la Russie [en Ukraine] en violation des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies", ajoutant que ces drones "sont utilisés dans des attaques susceptibles de constituer des crimes de guerre".

Le Quai a ajouté que "ces transferts constituent par ailleurs une violation des dispositions de la résolution 2231 du Conseil de sécurité adoptée en 2015, qui encadrent les transferts de missiles et de drones vers et depuis l’Iran".

La Diplomatie française a rappelé qu'"en réponse à cette atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine, l’Union européenne a adopté le 20 octobre des sanctions à l’encontre d’individus et d’entités impliqués dans le transfert et la production de drones iraniens utilisés par les forces armées russes en Ukraine.

"Nous demandons l’arrêt de ces transferts, ainsi que de l’arrêt de tout soutien à la guerre menée contre l’Ukraine", a-t-elle ajouté.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a déclaré, mardi, que son pays avait déjà vendu des armes à la Russie, mais pas pendant sa guerre contre l'Ukraine.

Lors d'une réunion avec les directeurs de l'Assemblée générale de l'Organisation des agences de presse d'Asie et du Pacifique, mardi, Abdollahian a nié les allégations selon lesquelles son pays vendait des armes à la Russie afin de les utiliser dans la guerre en Ukraine, soulignant que s'il est clair que Moscou avait utilisé des drones iraniens, Téhéran "ne resterait pas indifférent à la question", rapporte l'agence de presse officielle iranienne (IRNA).

 La situation en Libye

En réponse à une question sur la situation politique en Libye qui ne s'est pas améliorée depuis la déclaration finale de la Conférence internationale de Paris pour la Libye en décembre 2021, le Quai d'Orsay a souligné le "plein engagement" de la France "aux côtés des Nations unies, de ses partenaires internationaux et des partenaires régionaux, en faveur d’une Libye stable, sûre et souveraine".

"Aujourd’hui, la Libye a besoin d’un gouvernement unifié capable de gouverner et d’organiser des élections présidentielles et parlementaires dans tout le pays", a-t-il ajouté avant d'exprimer son soutien à l’action du nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye et chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, Abdoulaye Bathily, "pour faciliter un dialogue politique libyen, qui doit être mené et approprié par les Libyens eux-mêmes, de manière inclusive".

Depuis mars dernier, deux gouvernements se s'opposent en Libye, le premier dirigé par Fathi Bachagha désigné par la Chambre des représentants à Tobrouk (est), et le second reconnu par les Nations unies, le Gouvernement d'union nationale dirigé par Abdel Hamid Dbeibeh, qui refuse de céder le pouvoir, sauf à un gouvernement désigné par un nouveau parlement élu.

Source : AA

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