La fusée européenne Ariane 6 a réussi ce jeudi son premier vol dans sa configuration à quatre propulseurs (A64), plaçant sur orbite 32 satellites de la constellation Amazon Leo, une mission qualifiée de « jalon extrêmement important » par Arianespace et saluée par le président français Emmanuel Macron.
Le lanceur a décollé peu avant 18h00 (heure locale) depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française. La mission, d’une durée de 1h54, a permis le déploiement des satellites sur une orbite basse située à environ 465 kilomètres d’altitude.
Sur le réseau social américain X, Emmanuel Macron a salué ce succès en écrivant : « Amazon, votre colis a été livré. Ariane 6 a décollé pour la première fois avec 4 boosters, ce qui en fait notre lanceur européen le plus puissant », soulignant qu’il transportait « 32 satellites de la constellation d’Amazon, qui a choisi l’Europe pour ce lancement majeur ».
Il s’agit du premier vol d’Ariane 6 dans sa version A64, dotée de quatre propulseurs latéraux, après cinq lancements effectués en configuration à deux boosters (A62). Cette version plus lourde, environ 850 tonnes contre 530 pour l’A62, permet d’emporter des charges plus importantes, avec une capacité portée jusqu’à 21,6 tonnes grâce notamment à une coiffe allongée.
« C’est un jalon extrêmement important pour nous. Ariane 6 est prêt à assurer toutes les missions, même les missions les plus complexes », a déclaré David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace. Cette mission constitue également le premier vol commercial du nouveau lanceur pour un client privé, après des lancements réalisés pour des institutions publiques telles que le ministère français des Armées et la Commission européenne.
Le tir inaugure une série de 18 lancements prévus par Arianespace pour la constellation d’Amazon, projet porté par le groupe fondé par Jeff Bezos et destiné à fournir un accès mondial à l’internet haut débit. À l’issue de cette mission, la constellation comptera plus de 200 satellites en orbite. Amazon vise à terme un déploiement d’environ 3 200 satellites, afin de concurrencer le réseau Starlink d’Elon Musk, qui repose déjà sur plusieurs milliers d’engins en orbite.
Avant le décollage, les responsables du programme soulignaient toutefois la prudence nécessaire pour ce premier vol à quatre boosters. « Il ne faut surtout pas être trop confiant », indiquait un responsable d’ArianeGroup, rappelant qu’un nouveau lanceur comporte toujours des risques techniques.
Au-delà de l’enjeu commercial, ce succès intervient dans un contexte de montée en cadence pour l’industrie spatiale européenne. Selon Arianespace, ces missions doivent contribuer à consolider la position du lanceur sur le marché international et préparer le déploiement futur de projets européens tels qu’IRIS², programme de connectivité souveraine de l’Union européenne prévu à partir de 2029.
Source: AA
