L’UE se tient prête à riposter face aux nouveaux droits de douane américains

L’Union européenne ne cherche pas l’affrontement, mais elle se tient prête à y répondre. Ursula von der Leyen a mis en garde, mardi, contre l’imposition de nouveaux droits de douane par les États-Unis, affirmant que l’UE avait les moyens de réagir avec fermeté si la situation l’exigeait.

Devant les eurodéputés à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne a déclaré : « Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles, mais nous disposons d’un plan solide pour le faire si nécessaire ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte tendu avec Washington, qui avait déjà annoncé une hausse de 25 % des droits de douane sur l’acier, l’aluminium, les voitures et les pièces détachées, avec de nouvelles mesures attendues dès mercredi 2 avril sur d’autres catégories de produits, dont les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et le bois.

Von der Leyen a insisté sur les conséquences de cette politique commerciale : augmentation des coûts, inflation aggravée et lourdeurs administratives croissantes pour les entreprises. Elle a dénoncé une stratégie contre-productive qui pénalise aussi bien les consommateurs américains qu’européens.

Face à ce risque, la Commission européenne a élaboré une stratégie en trois volets.

Premièrement, l’UE reste ouverte au dialogue mais veut négocier en position de force, en s’appuyant sur son poids économique.

Deuxièmement, elle diversifie activement ses partenariats commerciaux, en renforçant ses accords avec le Mercosur, le Mexique et la Suisse, tout en poursuivant les négociations avec l’Inde, l’Indonésie et la Thaïlande.

Enfin, elle entend consolider son marché intérieur en éliminant les obstacles internes au commerce pour stimuler la croissance.

Dans une Europe qui se veut unie, les positions convergent. Laurent Saint-Martin, ministre français délégué au Commerce extérieur, a estimé que l’Union devait « être dans un rapport de forces » avec les États-Unis pour défendre ses intérêts et ceux de ses filières industrielles.

À l’international, plusieurs pays adoptent des tactiques variées. Le Japon espère une exemption, alors que Londres tente d’accélérer les négociations d’un accord économique.

 - Trump et les droits de douane

Depuis janvier 2025, le président américain Donald Trump a relancé l’offensive protectionniste des États-Unis avec plusieurs hausses de droits de douane déjà effectives.

Washington impose désormais une taxe de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium, quel que soit le pays d’origine. Des surtaxes du même ordre visent également certains produits chinois, ainsi qu’une partie des importations provenant du Mexique et du Canada.

À partir de ce jeudi 3 avril, les voitures fabriquées à l’étranger et leurs pièces détachées seront, elles aussi, soumises à une taxe additionnelle de 25 %.

Par ailleurs, Trump prévoit d’annoncer mercredi un nouveau paquet de droits de douane dits « réciproques », qui consisteraient à aligner les taxes américaines sur celles imposées par les autres pays aux produits américains.

Cette mesure pourrait concerner un large éventail de produits, y compris les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et le bois.

Source: AA

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