Marine Le Pen a affirmé ce mardi matin au cours d’une réunion tenue depuis l’Assemblée nationale française, que « l’intégralité » du jugement l’ayant rendu inéligible « est une folie ».
« L’élection présidentielle est l’objectif assumé des magistrats (…). La magistrate enjambe les élections municipales, enjambe les potentielles élections législatives anticipées pour dire ‘non, je mets l’exécution provisoire pour l’empêcher d’être candidate et d’être élue à l’élection présidentielle parce-que moi, magistrate de première instance, je n’admets pas l’idée que les Français puissent élire quelqu’un que j’ai condamné en première instance’ » a-t-elle lancé.
Et de s’interroger : « Qui est souverain dans notre pays en fait? Le peuple ou ces magistrats de première instance? C’est quand même une vraie question! Il me semble que c’est le peuple! ».
Au cours de sa prise de parole, la députée a assuré que son parti « ne se laissera pas faire » et « ne laissera pas les Français se faire voler l’élection présidentielle » après s’être fait voler « les législatives par des manœuvres scandaleuses ».
« Nous allons nous défendre et nous allons user de tous les moyens qui sont à notre disposition pour permettre aux Français de choisir leur futur dirigeant et nous allons gagner », a-t-il promis considérant que « le système a sorti la bombe nucléaire » pour l’éliminer.
Le président du RN (Rassemblement national), Jordan Bardella, qui a pris la parole conjointement, a quant à lui affirmé que son parti « se battra » pour « arriver au pouvoir » et « étudie tous les chemins, même s’ils sont étroits, pour lever l’injustice » qui lui est appliquée ».
« Nous sommes dans une situation brutales, violente, injuste, qui prive des millions de Français de leur candidate, qui est aujourd’hui la favorite de l’élection présidentielle et, donc, de la prochaine présidente de la République » a-t-il poursuivi, appelant les électeurs « à s’indigner » et « s’exprimer pacifiquement, démocratiquement contre ce qui leur apparaît comme une décision d’injustice, qui est disproportionnée ».
Et de conclure: « Quel est ce pays, quelle est cette démocratie où en quelques jours, on ferme une chaîne de télévision, on empêche celle qui est la leader de l’opposition et la favorite de l’élection présidentielle de concourir au suffrage des Français, on requiert de la prison ferme contre un ancien président de la République et on met à mort, sur le plan financier le premier parti de France? Je pense que cela indigne les Français mais cela disqualifie aussi la France, pays des droits de l’Homme pour aller donner des leçons de démocratie au monde entier ».
Pour rappel, lundi, 25 personnes dont 9 eurodéputés et 12 assistants parlementaires du RN (ex Front national), ont été reconnus coupables de « détournement de fonds publics » et « recel de détournement de fonds publics » pour un montant estimé à 4,1 millions d’euros, dans l’affaire dite des emplois fictifs du parlement européen.
Les accusés, dont le procès avait démarré fin septembre 2024, se sont retrouvés au cœur d’un système de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016, en employant des assistants parlementaires alors que leurs tâches bénéficiaient en réalité au RN (anciennement Front national).
Ils étaient jugés pour ces faits signalés en 2015 par le Parlement européen, qui s’est constitué partie civile.
Marine Le Pen a annoncé, par la voix de son avocat, Rodolphe Bosselut, qu’elle faisait appel de sa condamnation.
Si l’appel suspend automatiquement la condamnation, cette suspension ne concerne pas la peine d’inéligibilité, frappée d’une mesure d’exécution provisoire ordonnée par le tribunal judiciaire de Paris, lundi.
Source: AA