Macron qualifie la Russie de "menace existentielle" et annonce un soutien financier massif à l’Ukraine

Le Président français Emmanuel Macron a durci le ton contre la Russie, ce jeudi 6 mars, à l’issue du sommet extraordinaire de l’Union européenne à Bruxelles, qualifiant Moscou de « menace existentielle » pour l'Europe.

« La seule puissance impériale que je vois aujourd’hui en Europe, c’est la Russie. Et c’est un impérialiste révisionniste », a-t-il déclaré, ciblant directement son homologue russe Vladimir Poutine.

Le chef de l’État français a insisté sur le fait que le président russe « peut trahir les accords qu’il signe, il l’a déjà fait », en référence aux accords de Minsk, censés mettre fin au conflit dans le Donbass avant l'offensive en Ukraine en 2022. Emmanuel Macron s'est néanmoins déclaré « prêt à dialoguer » avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Par ailleurs, le Président français a annoncé un soutien financier d’ampleur à l’Ukraine pour l’année 2025.

« En 2025, l’Union européenne fournira à l’Ukraine 30,6 milliards d’euros au titre de la facilité pour l’Ukraine, financés par les intérêts des actifs russes immobilisés », a-t-il affirmé. Ce dispositif vise à répondre aux besoins urgents de l’armée ukrainienne. « La priorité est de soutenir l’Ukraine et son armée à très court terme », a-t-il insisté.

Le Président français a aussi plaidé pour une réforme du financement de la défense européenne.

« Ce que nous allons soutenir, c’est l’idée qu’on puisse avoir un financement commun », a-t-il expliqué, jugeant que les budgets nationaux actuels ne sont « pas une solution satisfaisante ».

Il a ainsi évoqué la nécessité d’un « investissement européen » à travers des « financements innovants », sans donner davantage de précisions.

Dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, Macron a averti que Moscou représentait « une menace existentielle » pour l'Europe.

Face à ce risque, il a souligné l’urgence d’augmenter les capacités de défense européennes et d’instaurer une autonomie stratégique.

« Nous avons besoin d’augmenter nos capacités de défense et nous avons besoin de bâtir sur les quelques années qui viennent des capacités de défense autonomes pour les Européens », a-t-il déclaré.

Enfin, le chef d’État français a confirmé l’ouverture d’un « dialogue stratégique et technique » avec les pays européens « intéressés » sur les capacités nucléaires françaises. Cette annonce pourrait marquer une évolution majeure dans la politique de dissuasion de la France, traditionnellement attachée à son indépendance en matière nucléaire.

- Un échange tendu entre Paris et Moscou

Les déclarations d’Emmanuel Macron interviennent alors que Vladimir Poutine a réagi, depuis Moscou, en évoquant la campagne napoléonienne de 1812. « Certains aspirent encore à revenir à cette époque, oubliant comment cela s’est terminé », a lancé le président russe, rappelant la défaite de Napoléon face aux rigueurs de l’hiver russe et à la résistance de ses soldats.

Cette passe d’armes entre les deux dirigeants illustre la montée des tensions entre l’Europe et la Russie, sur fond de guerre en Ukraine et de réorganisation de la défense du continent, alors que les États-Unis de Donald Trump semblent réduire leur soutien à l'Ukraine.

Pour rappel, les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne, réunis en sommet extraordinaire, ce jeudi à Bruxelles, ont accepté le plan de la Commission européenne pour réarmer le Vieux continent. L'information a été rapportée par la chaine d'information en continu BFMTV, citant une déclaration d'une porte-parole de la Commission.

"Les dirigeants des Vingt-Sept, réunis jeudi en sommet à Bruxelles, ont donné leur feu vert à un plan de la Commission européenne pour renforcer leur défense, a annoncé une porte-parole de l'UE", a rapporté la chaîne de télévision.

Ce plan vise à "réarmer l’Europe" avec l'ambition de mobiliser près de 800 milliards d’euros pour sa défense, dont 150 milliards de prêts, et de fournir une aide immédiate à l’Ukraine, selon une déclaration de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mardi 4 mars courant.

Source: AA

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