Méditerranée: 32 migrants bloqués sur une plateforme gazière au large de la Tunisie secourus par le navire Aurora

Trente-deux migrants irréguliers bloqués depuis plusieurs jours sur une plateforme gazière au large de la Tunisie, en mer Méditerranée, ont été secourus mardi 4 mars par le navire de sauvetage de migrants Aurora, ont indiqué plusieurs ONG.

Sea-Watch, une ONG allemande qui participe au sauvetage des migrants en détresse en Méditerranée, avait affirmé que 32 personnes étaient bloquées sur la plateforme gazière de Miskar située dans le Golfe de Gabès, depuis quatre jours.

‘’Formidable nouvelle : l’Aurora de (l’organisation allemande) Sea-Watch a secouru le groupe sur la plateforme gazière !’’, s’est félicitée dans un message sur X l’organisation Alarm Phone, dont la ligne d’urgence reçoit les appels de détresse des migrants en mer.

Selon cette organisation, citée par La Croix, les garde-côtes tunisiens n’ont pas réussi à secourir les migrants en détresse et les autorités européennes ont refusé d’intervenir.

‘’Personne n’allait les sauver, alors nous y sommes allés’’, a dit sur X, la section italienne de Sea-Watch.

Plus tôt, plusieurs ONG tunisiennes avaient exhorté les ‘’autorités compétentes à intervenir rapidement pour secourir les personnes en détresse’’, rappelant que ‘’sauver des vies est une obligation pour tous les États’’.

Dans un communiqué conjoint, les migrants secourus ont rapporté à Alarm Phone ‘’qu’elles étaient privées de nourriture depuis des jours et que leur état était très critique’’. Une personne serait déjà décédée, selon la même source.

’’Trente-deux personnes en détresse ont été abandonnées à elles-mêmes pendant des jours – un échec calculé par les États européens. Une fois de plus, les organisations civiles ont dû intervenir là où les États ont failli à leur responsabilité de porter secours [aux migrants]’’, a déclaré Oliver Kulikowski, porte-parole de Sea-Watch.

Certaines zones du littoral tunisien sont à moins de 150 km de l'île italienne de Lampedusa. La Tunisie connaît depuis le début de l’année 2023 une augmentation remarquable des flux migratoires irréguliers vers l’Europe, notamment vers les côtes italiennes, à la lumière des répercussions des crises économiques et politiques dans le pays et des conflits armés qui ravagent plusieurs autres pays africains.

Les côtes du sud-est de la Tunisie sont fréquemment le théâtre d’opérations de sauvetage de migrants, majoritairement originaires d'Afrique subsaharienne. D’autres migrants ont trouvé la mort ou sont portés disparus après le naufrage de leurs embarcations.

À un rythme quasi hebdomadaire, les autorités tunisiennes annoncent avoir déjoué des tentatives de migration irrégulière vers les côtes européennes et arrêté des centaines de migrants en provenance de Tunisie ou d'autres pays africains.

Tunis subit une pression européenne croissante pour exercer davantage de contrôle sur ses côtes et empêcher les bateaux de migrants de prendre la mer.

La Commission européenne avait annoncé en septembre 2023 une aide budgétaire de 60 millions d'euros pour la Tunisie et un paquet d'assistance opérationnelle sur la migration d'environ 67 millions d’euros, soit un total de 127 millions d’euros, avec pour objectif de faire baisser les arrivées de migrants depuis les côtes tunisiennes.

La Méditerranée centrale est redevenue (depuis les années 2014-2017) la principale voie d'entrée de migrants en Europe. Elle est aussi la route maritime migratoire la plus mortelle au monde.​​​​​​​

Source: AA

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