Le Premier ministre français, François Bayrou, a dénoncé, ce lundi à l'ouverture d'un débat organisé à l'Assemblée nationale sur "la situation en Ukraine et la sécurité en Europe", "le règne de la loi du plus fort", affirmant que l'Europe est "forte" et doit "garantir sa sécurité".
"C’est la fin de la loi du plus juste, c’est le règne de la loi du plus fort", a alerté François Bayrou depuis l'Hémicycle, en présence de l'ambassadeur d'Ukraine en France, louant "l'honneur" du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier a été applaudi par les députés à la demande de Bayrou.
S'exprimant au sujet de l'altercation dans le bureau ovale de la Maison Blanche entre le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien, Bayrou a évoqué "une scène sidérante, marquée de brutalité, de volonté d'humiliation". "Pour l'honneur de la responsabilité démocratique, pour l'honneur de l'Ukraine et, j'ose le dire, pour l'honneur de l'Europe, le président (ukrainien) n'a pas plié et je crois que nous pouvons lui en manifester de la reconnaissance", a déclaré François Bayrou.
Il a indiqué que l'Europe est "forte" et doit "garantir sa sécurité". "Nous, les Européens, sommes plus forts que nous le croyons et nous comportons comme si nous étions faibles", a-t-il martelé. Et d'ajouter : "Le produit intérieur de l'Union, additionné à celui de la Grande-Bretagne, c'est plus de dix fois le produit intérieur de la Russie" et "si l'on compare les arsenaux (...), nos forces armées continentales additionnées à celles du Royaume-Uni, c'est plus de 2 millions et demi de soldats professionnels, 25% de plus que les forces russes. Ce sont 3 000 avions de combat (...), deux fois plus que les Etats-Unis et deux fois plus que l'aviation russe".
"Nous ne pouvons pas laisser l'Ukraine sans défense", a encore déclaré Bayrou, notant que "l'UE est le seul chemin et la seule stratégie possible".
"Nous avons basculé dans un autre monde", a-t-il alerté, estimant qu'il s'agissait d'une "situation historique", la "plus grave" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
"La France peut jouer dans l'édification de ce nouveau monde un rôle central" et ce si "elle retrouve sa confiance", a-t-il ajouté.
"L'événement ne nous laisse pas le choix mais le choix est entre nos mains", a lancé François Bayrou.
Annoncés mi-février dernier, ces débats sans vote -celui de ce lundi à l'Assemblée nationale et un deuxième prévu demain mardi au Sénat- surviennent dans la foulée d'un sommet crucial pour discuter de nouvelles garanties de sécurité en Europe, ayant réuni dimanche à Londres une quinzaine de dirigeants alliés de l'Ukraine.
Source: AA