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- Le 03 Avril 2025
L’Algérie a réagi, ce jeudi, aux propos du Premier ministre français, François Bayrou qui avait menacé, la veille, de dénoncer les accords bilatéraux avec l'Algérie.
Dans un communiqué rendu public, le ministre algérien des Affaires étrangères a affirmé que son pays rejette les ultimatums et les menaces.
« L’Algérie rejette catégoriquement les ultimatums et les menaces. De la même manière, elle appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l'Algérie et la France », a indiqué le même communiqué.
La diplomatie algérienne a également affirmé que «toute remise en cause de l'Accord de 1968, qui a été au demeurant vidé de toute sa substance, sera suivie de la part de l'Algérie d'une même remise en cause des autres accords et protocoles de même nature, sans préjudice d'autres mesures que ses intérêts nationaux lui dicteraient d'adopter».
L’Algérie, a souligné le même communiqué, tient pour responsable la partie française de la situation des relations entre les deux pays.
«Dans la montée en cadence de l'escalade et des tensions que la partie française a imprimées à la relation entre l'Algérie et la France, l'Algérie n'a pris l'initiative d'aucune rupture et a laissé la partie française en assumer seule la responsabilité pleine et entière», a indiqué le même document.
Et d'ajouter : « L'Algérie s'est astreinte au calme, à la mesure et à la retenue ». Selon le ministère algérien, l’Algérie «n'avait pour objectif que d'exercer ses droits et d'assumer ses devoirs vis-à-vis de ses ressortissants vivant en France ».
«Le droit français, les conventions bilatérales, le droit européen et le droit international sont tous du côté de l'Algérie, notamment en matière de protection consulaire de ses ressortissants. Et les manquements constatés aux obligations nationales et internationales sont le fait de la partie française, comme en témoigne le recours abusif et arbitraire aux décisions administratives d'éloignement des ressortissants algériens, les privant de l'usage des voies de droit que leur garantit la législation française elle-même », a rappelé le même document.
La diplomatie algérienne a estimé également que « l'extrême droite française revancharde et haineuse aura réussi son pari. La relation algéro-française qu'elle a prise en otage aura été mise au service de basses œuvres politiciennes indignes d'elle ».
François Bayrou avait affirmé, mercredi, que la France allait demander à Alger "que soit réexaminée la totalité des accords et la manière dont (ils) sont exécutés ».
Il fixe même un délai «d'un mois, six semaines». «Pendant ce temps, va être présenté au gouvernement algérien une liste ”d'urgence” de personnes qui doivent pouvoir retourner dans leur pays et que nous considérons comme particulièrement sensibles", a-t-il déclaré.
Pour rappel, le contentieux historique entre l’Algérie et la France est très profond.
En plus de la question des archives et de la restitution des biens confisqués, l’Algérie réclame des réparations sur les essais nucléaires français en Algérie et l’indemnisation des victimes.
L’Algérie souhaite également la reconnaissance des crimes coloniaux par la France officielle.
Mais les relations entre les deux pays se sont davantage dégradées à l’été 2024, sur fond de reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
En réaction, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris et le président Tebboune a annulé un déplacement en France, initialement prévu en septembre 2024.
Plus récemment, l’emprisonnement de Boualem Sansal et le refus d’admettre sur son sol, ses ressortissants en situation irrégulière, dont l'influenceur algérien Doualemn, ont suscité la colère des autorités françaises qui qui ont brandi le recourir au « rapport de force », selon les déclarations du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Côté algérien, le président Abdelmadjid Tebboune a pointé, dans une récente interview, « des déclarations hostiles tous les jours de politiques français », qualifiant le dialogue avec le président Macron de « perte de temps » et mettant en garde contre « une séparation qui deviendrait irréparable ».
« Nous avions beaucoup d'espoirs de dépasser le contentieux mémoriel (...). Mais, plus rien nʼavance si ce nʼest les relations commerciales. Le dialogue politique est quasiment interrompu », a-t-il déploré.
Source: AA