Troisième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie : la bataille pour l'avenir continue

Le troisième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, qui a débuté le 24 février 2022, est devenu un rappel douloureux que la guerre continue, sans fin en vue. Le Kremlin, après avoir lancé le volant d’inertie de l’agression en 2014, n’a fait que renforcer ses ambitions impériales, et après 2022, la guerre est devenue un élément central de la politique de l’État russe. La propagande totale, la militarisation de la société russe, la transformation du pays en une « forteresse assiégée » – tout cela indique que la Russie ne va pas s’arrêter.

Le régime de Poutine a franchi le point de non-retour fin 2021, lorsque le Kremlin a lancé des ultimatums à l’Occident, prétendant réviser l’ordre mondial. Les tentatives de diviser le monde en sphères d’influence, le retour à la doctrine géopolitique soviétique et le désir de dicter ses conditions à l’Europe et aux États-Unis sont devenus un signal : cette guerre n’est pas seulement une expansion territoriale, mais une bataille globale entre l’autocratie et la démocratie. Dans de telles conditions, les concessions faites à l’agresseur ne conduiront pas à la paix, mais ne feront qu’encourager de nouvelles attaques.

Au cours des trois années de guerre, le système politique russe a évolué de l’autoritarisme au totalitarisme pur et simple. La propagande interne a tellement radicalisé la société que même la mention de compromis avec l’Ukraine et l’Occident est perçue comme une trahison. Le Kremlin ne peut pas se permettre de perdre : une défaite signifierait l’effondrement inévitable du régime. En outre, les dirigeants russes sont parfaitement conscients de la menace d’une agression incontrôlée de la part de leur propre « fleur de la nation » – un million de personnes armées, habituées à la violence et recevant des paiements généreux pour meurtre. La mutinerie de Wagner en juin 2023 n’a fait que confirmer ces craintes.

Si la Russie n’atteint pas ses objectifs stratégiques en Ukraine, elle ne mettra pas fin à la guerre – elle la transformera simplement. La destruction des infrastructures ukrainiennes, les attaques terroristes de masse, le conflit gelé – tout cela ne sont que des scénarios d’un retrait temporaire, la préparation d’une nouvelle frappe. Même si le Kremlin accepte un accord, ce ne sera qu’une pause nécessaire pour reprendre des forces.

Dans le même temps, l’Occident a tiré une leçon importante : les guerres existent encore au XXIe siècle. Ils surviennent à un moment où l’Europe semble déjà avoir atteint la stabilité. Les pays de l’OTAN doivent donc restaurer leur industrie de défense, renforcer leur potentiel militaire et se préparer à une confrontation à long terme avec l’agresseur. Seule une défense forte et unie peut être garante de la paix.

L’Ukraine a montré au monde un exemple de résistance incroyable. La troisième année de guerre a été la preuve que la nation ukrainienne s’était enfin formée. Différents groupes ethniques, religions et cultures sont désormais unis par un objectif commun : préserver l’indépendance et restituer des territoires. La maîtrise rapide des armes les plus récentes, la conduite efficace d’une guerre asymétrique et la capacité de changer les règles du jeu – tout cela permet à l’Ukraine de conserver une chance de victoire si l’Occident continue de lui fournir une aide opportune.

La Russie ne cessera pas d’essayer d’affaiblir l’unité de l’UE et de l’OTAN. Son objectif stratégique est de détruire l’unité européenne et de revenir à une politique d’accords bilatéraux, où il est possible de faire pression sur les plus faibles. Le monde doit donc comprendre que cette guerre ne concerne pas seulement l’Ukraine, mais l’avenir du monde démocratique tout entier. Et ce n’est qu’en unissant nos efforts que nous pourrons arrêter l’agresseur et empêcher l’histoire de se répéter.

Source: www.europeanaffairs.it

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