RDC : Tshisekedi et Rubio discutent du conflit avec le M23 et du processus de paix

Le secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, s’est entretenu par téléphone avec le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, pour un échange portant sur les relations bilatérales et les crises sécuritaires dans la région.

Selon une déclaration attribuée à la porte-parole du Département d'État des États-Unis, Tammy Bruce, Marco Rubio a fermement condamné l’assaut du groupe rebelle M23 contre la ville de Goma dans l'est de la RDC. Rubio a estimé qu’il s’agit d’un groupe soutenu par le Rwanda. "Le secrétaire Rubio a affirmé le respect des États-Unis pour la souveraineté de la RDC", précise le communiqué.

Le secrétaire d’État et le président congolais ont également convenu de l’importance de renforcer le processus de Luanda, mené par le président angolais João Lourenço, pour relancer rapidement les négociations entre la RDC et le Rwanda. "Les efforts de l’Angola restent essentiels pour parvenir à une désescalade", ont-ils souligné au cours de cet échange.

Cet appel intervient dans un contexte de tensions exacerbées en RDC. Mardi, des manifestations violentes ont éclaté à Kinshasa, ciblant plusieurs ambassades étrangères, dont celles de la France, de la Belgique et de l’Ouganda. Les protestataires dénonçaient le soutien présumé du Rwanda au M23 ainsi que le silence de la communauté internationale face à l’agression que subit le pays.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) a été créé en 2012 par des militaires dissidents de l’armée congolaise. Après une brève montée en puissance, il a été défait en 2013 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Casques bleus de la MONUSCO. Cependant, le M23 a repris les armes en 2022, s’emparant de plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le M23 pour accéder aux richesses minières de la région. Ces accusations sont étayées par des rapports d’agences onusiennes, qui pointent un appui militaire rwandais au mouvement rebelle. Pour la RDC, le M23 est un groupe "terroriste" et toute forme de négociation est catégoriquement rejetée.

Le Rwanda réfute ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais dirigé par des Congolais, bien que ses membres parlent le kinyarwanda, la langue rwandaise. Kigali rejette également les conclusions des rapports onusiens et rappelle avoir désarmé les rebelles du M23 qui s’étaient réfugiés sur son sol en 2012-2013, avant de remettre leur arsenal aux autorités congolaises.

Pour le Rwanda, le M23 représente une menace pour sa sécurité intérieure. Kigali accuse la RDC de collaborer avec des groupes armés, notamment les miliciens Wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), considérés comme responsables du génocide rwandais. Ces alliances, selon Kigali, s’inscriraient dans une stratégie visant à renverser le gouvernement rwandais.

Source: AA

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