Front de salut national tunisien : "Les autorités nous ont empêchés de tenir un rassemblement"

Le "Front du salut national", mouvement d'opposition tunisien, a déclaré, dimanche, que les autorités l'ont empêché de "tenir un rassemblement" dans la ville du Kef, dans le nord-ouest du pays.

C'est ce qui ressort d'un discours prononcé par le leader du Front, Ahmed Nejib Chebbi, devant des dizaines de ses partisans rassemblés en face du local où devait se tenir la réunion, selon une vidéo publiée par le Front sur sa page Facebook.

Chebbi a expliqué que les fonctionnaires leur ont dit que le rassemblement était assujetti à l'Instance supérieure indépendante pour les élections, soulignant que le Front n'est pas partie prenante aux élections.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui indique la dualité du discours du pouvoir, qui prétend que les libertés sont garanties, alors que la situation est telle que nous n'avons pas pu tenir notre rassemblement", a expliqué Ahmed Nejib Chebbi.

Jusqu'à 16 h 10 (GMT), les autorités n'ont pas commenté les déclarations du "Front du salut" qui regroupe cinq partis d'opposition : "Ennahda", "Qalb Tounes", " la Coalition Al-Karama", "Hirak Tunis Al-Irada" et "Amal", en plus de la campagne "Citoyens contre le coup d'État", et d'un certain nombre de parlementaires.

Dans un contexte connexe, Ajmi Ourimi, un dirigeant du "Front du salut" et du mouvement "Ennahda", a déclaré : "Aujourd'hui, plus personne ne soutient le putschiste (en référence au président Kais Saied), ni les partis, ni les organisations, ni les citoyens, ni l'administration."

Et d’ajouter: "Kais Saied ne fait plus partie de la solution, car il n'a pas de solutions pour la Tunisie, dont il est plutôt devenu le problème."

S'adressant aux dizaines de partisans du Front qui étaient présents, il a déclaré : "Je vous annonce qu'il y a des signes positifs. Les forces de l'opposition ont commencé à converger et sont en train de chercher un socle commun. Elles se retrouveront sur le terrain, unies derrière un même slogan, un même diagnostic et des objectifs communs."

"Nous tous (les différentes factions de l'opposition) appelons à fermer la parenthèse de la tyrannie, à revenir à la démocratie et à boycotter ces simulacres d'élections", a ajouté Ajmi Ourimi.

Une campagne électorale se déroule dans le pays depuis le 25 novembre, en vue des élections législatives prévues le 17 décembre.

Le 25 juillet 2021, le président Saied a pris plusieurs mesures d'exception, dont la destitution du gouvernement, la nomination d'un nouvel exécutif, la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et du Parlement, la promulgation de lois par décrets présidentiels, la promulgation d'une nouvelle Constitution suite à un référendum organisé le 25 juillet, et la tenue d'élections législatives anticipées.

Source : AA

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