La Biélorussie expulse un consul polonais après sa participation à un hommage aux « soldats maudits » polonais

Depuis 2011, la Pologne célèbre chaque 1er mars la Journée des « soldats maudits », qui luttèrent successivement contre les occupations allemande et soviétique.

La Biélorussie a annoncé, mardi 9 mars, l’expulsion d’un consul polonais, protestant contre sa participation à un hommage aux « soldats maudits », du nom de ces soldats polonais qui luttèrent successivement contre les occupations allemande et soviétique. « L’héroïsation des criminels de guerre est pour nous tout à fait inacceptable », a déclaré le ministère des affaires étrangères biélorusse dans un communiqué, en expliquant sa décision d’expulser le consul polonais de Brest (sud-ouest), Jerzy Timofejuk.

La Pologne a aussitôt critiqué une mesure « incompréhensible » et prévenu qu’elle allait prendre une mesure réciproque. « Sans tarder et conformément au principe de réciprocité, la Pologne répondra à cette décision infondée », a déclaré Marcin Przydacz, vice-ministre des affaires étrangères polonais, cité par l’agence PAP.

Depuis 2011, Varsovie commémore la Journée des « soldats maudits » chaque 1er mars.

Cette crise diplomatique intervient dans un contexte tendu entre les deux pays. La Pologne a ainsi mis en place un plan de solidarité pour aider les opposants au régime d’Alexandre Loukachenko. Ceux qui ont été blessés dans les manifestations ont, par exemple, été pris en charge dans un centre thermal de l’ouest de la Pologne.

Selon le communiqué de la diplomatie biélorusse, M. Timofejuk a participé à un rassemblement « informel » consacré à cette commémoration et organisé par des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations de jeunesse liées à la Pologne, à Brest, à la frontière polonaise, le 28 février.

Mardi, le chargé d’affaires polonais en Biélorussie a été convoqué au ministère des affaires étrangères biélorusse qui a « fermement protesté » contre sa participation à ce rassemblement, précise le communiqué.

« La partie biélorusse ne remet pas et n’a jamais remis en question la possibilité et l’importance de la communication des diplomates avec leur propre diaspora », assure le communiqué. « Mais, dans notre pays, l’incitation à la haine raciale, nationale, religieuse (…) et la réhabilitation du nazisme, c’est un crime », souligne le texte.

Bataillons de résistance formés pour lutter contre les occupants allemands lors de la seconde guerre mondiale, les « soldats maudits » polonais s’étaient ensuite lancés dans la lutte contre l’occupation soviétique, agissant souvent de manière violente et s’en prenant parfois à tous ceux qui n’étaient pas Polonais, notamment aux Biélorusses. Leur lutte contre le pouvoir soviétique s’est poursuivie jusque dans les années 1950.

Source : Le Monde avec AFP

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