En 2020, l’Espagne a enregistré l’arrivée sur son sol de 41 000 migrants, dont 11 200 de nationalité algérienne, selon le rapport Caminando Fronteras, l’organisation non gouvernementale espagnole.
Fait inquiétant, en ce sens que, selon le Centre international pour l’identification de migrants disparus de Malaga (CIPIMD) et l’organisation Heroes del mar d’Alméria (Héros de la mer), «les autorités espagnoles affirment qu’ils (les disparus) ne sont pas sur leur territoire…» Où seraient-ils ? L’éventualité de leur détention en Tunisie reste à vérifier.
Aucune source crédible n’a pu confirmer ou infirmer cette information. «J’ai passé un temps fou à écrire et téléphoner aux avocats tunisiens, associations, etc. Pour l’instant, on me dit que c’est irréaliste et je comprends que les parents algériens y croient, mais il nous est difficile de vérifier tout cela», indique notre consœur, l’écrivaine et l’activiste Marie Cosnay.
Dans tout cela, il y a chez des harraga, en difficulté en Europe, un fort désir de retour au pays. Début janvier, des jeunes sans papiers, arrivés à bord d’embarcations en Espagne il y a six mois, ont interpellé les autorités algériennes pour les rapatrier au pays. «Nous sommes dans la rue depuis six mois. Nous subissons les affres de l’hiver et les risques de la pandémie. Nous nous sommes trompés en venant en Europe, nous le regrettons. Nous en avons marre, nous voulons rentrer chez nous.» Pour prouver leur identité algérienne, les jeunes ont exhibé les photocopies de leurs passeports.
«On s’est aventuré pour aller en enfer, on a tenté la même aventure pour s’en sortir, je ne conseille à personne de prendre la mer, surtout en hiver. Restons dans notre pays et essayons de le changer», souligne Djamel, 27 ans.