Liban : La France accuse Israël d'actes d'intimidation contre ses soldats de la paix

Lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Paris et de Jakarta, la France a fermement condamné les récentes attaques contre les Casques bleus au Liban.

Dénonçant des actes « inacceptables et injustifiables », la représentation française a exigé des garanties immédiates de la part d'Israël et a appelé le Hezbollah à déposer les armes, dans un contexte de forte escalade régionale.

L'intervention française a mis en lumière un bilan humain particulièrement lourd pour les forces de maintien de la paix, avec la mort de trois soldats indonésiens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) au cours des dernières 48 heures.

- Incidents directs entre l'armée israélienne et le contingent français

Au-delà du drame touchant le contingent indonésien, la France a dénoncé des actes d'intimidation perpétrés par l'armée israélienne contre ses propres troupes.

Le représentant français a déclaré que Israël a commis de « graves incidents » à l'encontre du contingent français basé à Naqoura, ciblant particulièrement le chef d'état-major de la force.

Paris souligne une « attitude agressive », une « intimidation » et des atteintes à la sécurité des personnels du contingent français émanant des soldats israéliens, soulignant que les procédures de déconfliction avaient pourtant été scrupuleusement respectées par les Casques bleus.

La France condamne avec fermeté ces menaces directes à l'encontre de ces personnels engagés au sein de la FINUL », affirme le représentant.

Paris exige qu'Israël fasse « toute la lumière » sur ces événements et fournisse des « garanties concrètes et immédiates » pour assurer la sécurité du personnel onusien.

- Mise en garde contre une offensive terrestre

Détaillant le bilan civil dramatique au Liban (plus de 1 200 morts, 3 500 blessés et un quart de la population déplacée en moins d'un mois), la diplomatie française a réitéré que la seule voie de sortie de crise restait la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Pour y parvenir, Paris a formulé des exigences claires envers l'ensemble des belligérants, appelant d'abord Israël à renoncer totalement à toute intervention terrestre d'envergure et à l'occupation du territoire libanais.

La diplomatie française exige également du Hezbollah l'arrêt immédiat de ses attaques et la remise de son arsenal à l'État libanais, accusant la milice chiite de « prendre en otage le peuple libanais au service d'une guerre menée par l'Iran contre Israël ».

Enfin, la France adresse une mise en garde à Téhéran, sommé de respecter la souveraineté libanaise, ce qui inclut le respect de la demande formulée par Beyrouth exigeant le départ de l'ambassadeur d'Iran au Liban.

- Une « opportunité historique » de négociations directes

Malgré la gravité de la situation, la France a tenu à saluer les décisions « courageuses » de l'exécutif libanais visant à renforcer sa souveraineté. Le diplomate français a notamment mis en avant une « ouverture inédite » de Beyrouth à des discussions directes avec Israël, qualifiant cette dynamique d'« opportunité historique » dont la communauté internationale doit se saisir sans délai.

Pour rappel, dans un communiqué publié le 2 mars, l'armée israélienne avait indiqué que des sirènes avaient retenti dans le nord du pays après la détection de tirs de roquettes depuis le territoire libanais.

L'armée israélienne avait ensuite annoncé le lancement de frappes aériennes sur l'ensemble du Liban, ciblant notamment la capitale Beyrouth, avant de décider d'étendre son opération terrestre au Liban, où elle menait déjà des attaques intensives par voie aérienne et maritime.

Source: AA

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