L’Union européenne (UE) et l’Australie ont signé mardi un accord de libre-échange d’envergure, marquant la conclusion de huit années de négociations, a annoncé le gouvernement australien. Le texte a été signé à Canberra lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans le pays depuis sa prise de fonction, en dépit des protestations d'agriculteurs européens.
Selon les autorités, l’accord vise à renforcer les échanges bilatéraux et à diversifier les marchés des deux partenaires face aux pressions économiques des États-Unis et de la Chine. L’UE est actuellement le troisième partenaire commercial de l’Australie et constitue sa deuxième source d’investissements étrangers. En 2024, les entreprises européennes ont exporté 37 milliards d’euros de marchandises et 31 milliards d’euros de services vers l’Australie.
« L’UE et l’Australie sont peut-être géographiquement éloignées, mais nous partageons une vision commune du monde », a souligné Ursula von der Leyen. De son côté, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a déclaré : « C’est un moment historique pour notre nation : nous sécurisons un accord avec la deuxième économie du monde. »
- Bœuf australien et viande ovine : quotas progressifs
L’accord prévoit notamment l’augmentation du quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l’UE. Sur la prochaine décennie, ce quota sera multiplié par plus de dix, pour atteindre 30 600 tonnes, dont 55 % de viande d’animaux nourris à l’herbe exonérée de droits de douane et 45 % bénéficiant de droits réduits à 7,5 %. La mise en œuvre se fera progressivement, un tiers du quota étant appliqué durant les cinq premières années.
L’UE ouvrira également son marché à 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne provenant d’animaux nourris à l’herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans. L’accord entrera en vigueur après l’approbation du Conseil européen.
- Voitures électriques et produits industriels
L’accord prévoit également des mesures pour les constructeurs automobiles européens, notamment l’augmentation du seuil de la taxe australienne sur les véhicules de luxe pour les voitures électriques, permettant à trois quarts de ces véhicules d’être exonérés. L’UE estime que cet accord permettra d’augmenter ses exportations vers l’Australie d’un tiers au cours des dix prochaines années, avec une hausse de 50 % dans les secteurs des produits laitiers et de l’automobile.
L’accord bilatéral marque un rapprochement stratégique entre Canberra et Bruxelles, alors que la guerre au Moyen-Orient et les tensions commerciales mondiales renforcent l’incertitude économique.
L’instance européenne a également annoncé l’application à titre provisoire à partir du 1er mai de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, malgré les contestations juridiques et politiques qu’il suscite au sein de l’Union.
L’accord UE-Mercosur, qui vise à renforcer les échanges commerciaux entre les deux blocs, reste vivement contesté par plusieurs acteurs du secteur agricole européen ainsi que par la France, qui y voit un risque de concurrence déloyale et d’affaiblissement des normes environnementales et sanitaires.
Source: AA
