La centrale nucléaire de Zaporijjia au cœur des inquiétudes sur la sécurité et le contrôle du site

Accorder à la Russie le contrôle exclusif de la centrale nucléaire de Zaporijjia risquerait d’établir un précédent au niveau international, selon des responsables et analystes ukrainiens, qui estiment que cela pourrait être perçu comme une légitimation d’un contrôle obtenu par une occupation militaire.

La centrale, la plus grande installation nucléaire d’Europe, est confrontée à des défis persistants en matière de sécurité depuis qu’elle est passée sous contrôle russe. Avant l’invasion à grande échelle, elle dépendait de dix lignes d’alimentation électrique externes. Elle repose désormais principalement sur deux connexions provenant du territoire ukrainien, dont l’une a été endommagée, ce qui soulève des inquiétudes quant à la fiabilité des systèmes de refroidissement des réacteurs et du combustible usé.

L’approvisionnement en eau pour le refroidissement reste également limité. Des mesures d’urgence, notamment le pompage des eaux souterraines, n’offrent qu’un soutien partiel, insuffisant pour permettre le fonctionnement complet de plusieurs réacteurs.

La Russie a pris des mesures pour intégrer la centrale dans son cadre réglementaire. L’autorité russe de régulation nucléaire, Rostekhnadzor, a délivré des licences d’exploitation pour certaines unités selon la législation russe, tandis que la société publique Rosatom restructure la gestion du site et prépare d’autres procédures de licence.

Les effectifs ont fortement diminué, passant d’environ 11 000 employés avant le conflit à près de 4 000 aujourd’hui. Des membres du personnel ukrainien ont signalé des pressions pour signer des contrats avec les autorités russes, tandis que du personnel supplémentaire a été envoyé depuis la Russie pour combler les pénuries.

La présence continue d’équipements militaires sur ou à proximité du site suscite également des inquiétudes parmi les observateurs en matière de sûreté et de sécurité nucléaires.

Des analystes estiment que reconnaître le contrôle russe de la centrale ne réduirait pas les tensions, mais pourrait au contraire renforcer les inquiétudes quant aux implications du contrôle militaire d’infrastructures nucléaires critiques.

 

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