L’Espagne et la Suisse appellent à mettre fin aux violences liées aux manifestations en Iran

L’Espagne et la Suisse ont exprimé lundi leur inquiétude face aux manifestations en cours dans plusieurs régions d’Iran, appelant les autorités à mettre fin aux violences contre les manifestants et à respecter les droits fondamentaux.

Dans un communiqué, le ministère espagnol des Affaires étrangères a condamné « les violences exercées contre les manifestants pacifiques en Iran » et exigé que les autorités du pays « respectent et garantissent l’exercice de la liberté d’expression et de manifestation pacifique ».

Le gouvernement espagnol a également appelé les autorités iraniennes à « lever immédiatement toutes les restrictions aux communications et à mettre fin aux arrestations arbitraires de manifestants pacifiques », a indiqué le ministère.

Il a ajouté suivre étroitement l’évolution de la situation en coordination avec son ambassade à Téhéran, qui demeure « pleinement opérationnelle ».

Le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré suivre « avec une grande inquiétude les nombreuses arrestations et les décès liés aux manifestations en Iran ».

« La Suisse appelle les autorités iraniennes à mettre fin aux violences contre les manifestants et à garantir les droits humains et les libertés fondamentales de tous les protestataires », a indiqué le ministère dans un message publié sur le réseau social américain X.

La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, s’est dite « profondément choquée » par la situation, condamnant la « répression brutale » contre les manifestants.

« C’est pourquoi j’ai convoqué l’ambassadeur d’Iran afin de faire clairement connaître la position de l’Autriche », a-t-elle écrit sur X. « Les violences doivent cesser immédiatement. Les Iraniens doivent pouvoir exercer leurs droits sans craindre la répression, l’emprisonnement ou des violences mortelles. »

La ministre a également appelé à la libération de toutes les personnes emprisonnées pour avoir manifesté pacifiquement.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a lui aussi fait part de sa « plus vive » préoccupation face à la situation.

Prévot a indiqué avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran en Belgique afin de « condamner fermement toutes les violences perpétrées par le régime, les détentions arbitraires, les intimidations, la coupure d’internet, toutes destinées à étouffer un mouvement pacifique, un mouvement appelant à la démocratie, l’aspiration légitime des femmes et des hommes iraniens à une vie meilleure ».

« Je continue de suivre la situation de près avec mes collègues européens », a-t-il ajouté, précisant que la Belgique était prête à discuter de nouvelles sanctions européennes contre Téhéran.

L’Iran est secoué par des manifestations depuis la fin décembre, déclenchées le 28 décembre au Grand Bazar de Téhéran, dans un contexte de forte dépréciation du rial iranien et de dégradation des conditions économiques. Les protestations se sont ensuite étendues à plusieurs villes du pays.

Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais l’organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, affirme qu’au moins 646 personnes ont été tuées, parmi lesquelles des membres des forces de sécurité et des manifestants, et que plus de 1.000 personnes ont été blessées.

Selon la même source, au moins 10.681 personnes ont été arrêtées lors de manifestations organisées dans 585 lieux à travers le pays, notamment dans 186 villes couvrant l’ensemble des 31 provinces.

Source: AA

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