Est de la RDC : des morts et des blessés suite à deux explosions lors d'un meeting du M23 à Bukavu

Deux explosions ont secoué, jeudi, la ville de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un meeting organisé par le mouvement rebelle M23 sur la Place de l’Indépendance.

Selon un décompte initial relayé par des témoins, l’attaque aurait fait au moins 8 morts et une dizaine des blessés. Cependant, Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) associée au M23, a annoncé dans une conférence, un bilan plus lourd, faisant état de 11 morts et 65 blessés.

Les explosions, dont la nature exacte reste à confirmer, ont semé la panique parmi la foule rassemblée pour écouter les leaders du M23, qui contrôlent la ville de Bukavu depuis le 14 février.

Une source de l’hôpital général provincial où ont été transportés les victimes, a confirmé la réception d’une dizaine des corps à la morgue et plusieurs blessés, mais le bilan officiel n’est pas encore annoncé.

« Nous étions présents au meeting pour prévenir tout incident, mais malheureusement, nous n'avons pas pu empêcher l’explosion. L’incident a entraîné plusieurs décès et blessures. Nous avons enregistré environ dix morts et divers types de blessés, certains ayant été d'abord traités en urgence par la Croix-Rouge avant d'être transférés à l'hôpital général», a déclaré à Anadolu, un acteur de la Croix-Rouge préférant garder l’anonymat.

En réaction à cette attaque, le président Félix Tshisekedi, a dénoncé un « acte terroriste odieux », pointant du doigt une implication possible de forces étrangères, et réaffirmant sa détermination à lutter contre les forces hostiles qui menacent la souveraineté nationale.

La situation à Bukavu reste tendue depuis que le M23, soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir les rebelles et de violer la souveraineté nationale du pays. La communauté internationale a appelé à la désescalade et au retrait des forces étrangères.

Ces explosions marquent une nouvelle escalade dans le conflit qui ravage l'est de la RDC depuis 2022, où les violences ont entraîné des milliers de déplacements et aggravé la crise humanitaire.

Des enquêtes sont en cours pour déterminer les responsables de cet attentat. La présence du M23 dans la région a également été marquée par des exactions, notamment l'exécution d'enfants, selon l'ONU.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) a été créé en 2012 par des militaires dissidents de l’armée congolaise. Après une brève montée en puissance, il a été défait en 2013 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), appuyées par les Casques bleus de la Monusco. Cependant, le M23 a repris les armes en 2022, s’emparant de plusieurs localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le M23 pour accéder aux richesses minières de la région. Ces accusations sont étayées par des rapports d’agences onusiennes, qui pointent un appui militaire rwandais au mouvement rebelle. Pour la RDC, le M23 est un groupe "terroriste" et toute forme de négociation est catégoriquement rejetée.

Le Rwanda réfute ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais dirigé par des Congolais, bien que ses membres parlent le kinyarwanda, la langue rwandaise. Kigali rejette également les conclusions des rapports onusiens et rappelle avoir désarmé les rebelles du M23 qui s’étaient réfugiés sur son sol en 2012-2013, avant de remettre leur arsenal aux autorités congolaises.

Pour le Rwanda, le M23 représente une menace pour sa sécurité intérieure. Kigali accuse la RDC de collaborer avec des groupes armés, notamment les miliciens Wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), considérés comme responsables du génocide rwandais. Ces alliances, selon Kigali, s’inscriraient dans une stratégie visant à renverser le gouvernement rwandais.

Source: AA

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